Comment est né ce projet :
Assistante technique française auprès de l’ANPDC depuis plus de deux ans en Roumanie, dans le cadre de la coopération franco-roumaine, j’ai pu avoir de nombreux échanges et rencontres avec les professionnels, dont certains sont présents aujourd’hui. Ils ont participé à faire naître l’idée de ce projet, en coopération avec la Fédération des ONG pour l’enfant que je remercie vivement en la personne de Daniela GHEORGHE, avec qui nous avons fait équipe.
Historique : partage de quelques repères tirés de mon expérience
A la première session qui a porté sur l’attachement et les relations précoces entre l’enfant et sa mère, son père, les apports dans les années 50 des sciences humaines , avec notamment John BOWLBY, René SPITZ, Jenny AUBRY, ont induit une évolution des pratiques à l’égard des enfants et de leurs parents.
A la fin des années 70 en France, dans le domaine de la protection de l’enfance, j’ai pu participer au travail initié par les pédopsychiatres, pédiatres et psychologues Myriam DAVID, Geneviève APPELL, Danièle RAPOPORT et Janine LEVY. S’inspirant entre autre de l’expérience de la maison d’enfants de Löczy à Budapest créé par la pédiatre hongroise Emmi PIKLER, elles ont transformé le fonctionnement des pouponnières et les soins aux jeunes enfants pour favoriser leur développement et prévenir les troubles d’attachement.
A la fin des années 80 , a émergé dans les pratiques la question des représentations à l’égard des parents et du travail possible avec la famille dans une situation de séparation. Dans le même temps, la nécessité de développer la prévention et de lutter contre les mauvais traitements à l’égard des enfants s’est imposée entraînant une modification de ces représentations et des pratiques.
En 1997, dans un renversement de l’approche, apparaît le concept de « bientraitance ». Ainsi que l’affirme Paul DURNING (professeur en sciences de l’éducation), « l’usage de ce concept contribue à éviter une polarisation sur les seuls mauvais traitements en ouvrant le champ à l’étude des conditions d’une éducation familiale réussie ». Cependant, il ne s’agit pas « d’une opposition simple, binaire et normative où ce qui ne serait pas bientraitance serait maltraitance ». Cette approche nous a semblé pouvoir être proposée aujourd’hui en Roumanie. C’est cette réflexion qu’avec la FONPC nous avons voulu partager avec vous.
Je les remercie chaleureusement d’avoir répondu à notre invitation et vous souhaite une bonne journée de travail, que nous poursuivrons avec certains d’entre vous demain dans les ateliers.
